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20 oct. 2025 13:14
Les événements survenus à Moûtiers (Savoie) entre décembre 2024 et février 2025 ont marqué un tournant dans l’histoire récente du transport public particulier de personnes en France.
Au centre de cette séquence se trouve Gehad Rejim, chauffeur de taxi savoyard, connu depuis 2023dans le secteur sous le surnom de « Shérif de Moûtiers », en raison de son engagement actif contre les réseaux de transport illégaux liés aux plateformes numériques.
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La crise débute réellement en décembre 2024, lorsque Gehad Rejim est attaqué par un groupe d’environ quinze chauffeurs néo-VTC à Moûtiers.
Il fait face seul à ses assaillants pendant près de quarante minutes.
En janvier 2025, une seconde attaque intervient.
Cette fois treize individus s’en prennent à lui. Il utilise alors un dispositif de défense de catégorie D (HDS 68) afin de maintenir ses agresseurs à distance pendant près de cinquante minutes, jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre.
Une semaine plus tard, treize véhicules appartenant à des chauffeurs néo-VTC sont incendiés dans la ville de Moûtiers, faisant de l’affaire un événement national.
Dès janvier 2025, Moûtiers devient un symbole des tensions entre taxis, VTC et plateformes numériques en France.
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À la suite de ces événements, Gehad Rejim joue un rôle central dans la structuration de la riposte professionnelle.
Il est notamment à l’origine :
• de l’organisation d’une réunion interfédérale de taxis à Chambéry le 11 mars 205, une convocation des organisations professionnelles,
• et de la mobilisation nationale qui conduira ensuite à la manifestation parisienne de Raspail suite à une inter fédérale en avril 2025,
Cette séquence transforme un conflit local en débat national sur la régulation des plateformes de transport.
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Parallèlement, Gehad Rejim est également à l’initiative du recours au cabinet d’avocats Goldwin, afin d’engager une stratégie judiciaire d’ampleur. Le cabinet defendra le procès de Sébastien Dumarais le 12 avril. Et il défendra Gehad REJIM le 12 mai 2025.
Cette démarche aboutit à la première procédure collective nationale associant taxis et VTC contre la plateforme Uber, déposée notamment au parquet de Paris.
• travail dissimulé,
• subordination économique des chauffeurs vis-à-vis des plateformes,
• fraude sociale et fiscale.
Ces actions s’inscrivent dans un contexte de contrôles renforcés du secteur et d’enquêtes sur l’économie des plateformes.
Les travaux parlementaires sur la lutte contre la fraude économique évoquent notamment ces problématiques :
🔹https://www.senat.fr/rap/a25-104/a25-104-syn.pdf
Dans ce cadre, plusieurs procédures administratives et sociales sont engagées, certaines évoquant des montants potentiels très élevés, notamment dans les contentieux liés aux cotisations sociales. Ce qui aboutira à une ordonnance pénale du parquet de Paris à la demande du Cabinet GOLDWIN au mois de février. L'URSSAF réclamera 1,7 milliards depuis de manière rétroactive depuis 2022.
🔹https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/l-urssaf-reclame-1-7-milliard-d-euros-a-uber-la-plateforme-a-maquille-une-relation-salariale-en-contrat-d-entreprise-pour-echapper-a-ses-obligations-d-employeur_AD-202602020357.html
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Depuis les événements de Moûtiers, l’affaire dépasse largement le cadre local.
Le nom de Gehad Rejim circule désormais dans le secteur du transport en France et à l’étranger, notamment :
• en Italie, 🔹https://www.instagram.com/reel/DJdxGZHMHFZ/?igsh=N3IxeHJqdXMyMWht
• en Espagne,
• en Allemagne,
• et aux États-Unis, où les débats sur la régulation des plateformes sont également très présents.
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À la suite de cette séquence, Gehad Rejim poursuit son engagement syndical.
Il devient :
• délégué général du syndicat FT69 à Lyon,
• l'un des vice-présidents national de la FNDT (Fédération Nationale du Taxi).
Pour de nombreux professionnels du secteur, les événements de Moûtiers constituent désormais le point de départ d’une nouvelle phase de régulation du transport à la demande en France.
Dans plusieurs cercles institutionnels, une formule résume cette prise de conscience :
« Plus jamais Moûtiers. »

𝖦𝖾𝗁𝖺𝖽 𝖱𝖾𝗃𝗂𝗆, 𝖼𝗁𝖺𝗎𝖿𝖿𝖾𝗎𝗋 𝖽𝖾 𝗍𝖺𝗑𝗂 𝖾𝗍 𝖼𝗁𝖾𝖿 𝖽’𝗎𝗇𝖾 𝖾𝗇𝗍𝗋𝖾𝗉𝗋𝗂𝗌𝖾 𝗌𝗉é𝖼𝗂𝖺𝗅𝗂𝗌é𝖾 à 𝖬𝗈û𝗍𝗂𝖾𝗋𝗌, 𝖾𝗇 𝖲𝖺𝗏𝗈𝗂𝖾, à 𝖫𝗒𝗈𝗇 𝖾𝗍 𝗌𝗎𝗋 𝗅𝖺 𝖢ô𝗍𝖾 𝖽’Azûr, 𝗌𝖾 𝗍𝗋𝗈𝗎𝗏𝖾 𝖾𝗇 𝗉𝗋𝖾𝗆𝗂è𝗋𝖾 𝗅𝗂𝗀𝗇𝖾 𝖽'𝗎𝗇 𝖼𝗈𝗇𝖿𝗅𝗂𝗍 𝗀𝗋𝖺𝗇𝖽𝗂𝗌𝗌𝖺𝗇𝗍 𝖾𝗇𝗍𝗋𝖾 𝗍𝖺𝗑𝗂𝗌 𝗍𝗋𝖺𝖽𝗂𝗍𝗂𝗈𝗇𝗇𝖾𝗅𝗌 𝖾𝗍 𝖼𝗈𝗇𝖽𝗎𝖼𝗍𝖾𝗎𝗋𝗌 Uber 𝖤𝗇 𝗍𝖺𝗇𝗍 𝗊𝗎𝖾 𝗅𝖾𝖺𝖽𝖾𝗋 𝖽'𝗎𝗇 𝗀𝗋𝗈𝗎𝗉𝖾 𝖽𝖾 𝖼𝗁𝖺𝗎𝖿𝖿𝖾𝗎𝗋𝗌, 𝗂𝗅 𝗌'𝖾𝗇𝗀𝖺𝗀𝖾 𝖺𝖼𝗍𝗂𝗏𝖾𝗆𝖾𝗇𝗍 à 𝖽é𝗇𝗈𝗇𝖼𝖾𝗋 𝖼𝖾𝗍𝗍𝖾 𝗌𝗂𝗍𝗎𝖺𝗍𝗂𝗈𝗇 𝖾𝗍 à 𝗅𝗎𝗍𝗍𝖾𝗋 𝗉𝗈𝗎𝗋 𝗉𝗋é𝗌𝖾𝗋𝗏𝖾𝗋 𝗌𝗈𝗇 𝗆é𝗍𝗂𝖾𝗋 𝖽𝖾 𝗅𝖺 𝖽𝗂𝗌𝗉𝖺𝗋𝗂𝗍𝗂𝗈𝗇.
Mon quotidien dans mon métier, je fais actuellement
taxi et je m’improvise en policier."
D’un ton engagé et sûr de lui, Gehad Rejim détaille son quotidien mouvementé. Vêtu d’une grande doudoune noire, il dégage une assurance et une détermination palpables. Depuis deux ans, la situation à Moûtiers entre taxis, VTC et Uber a drastiquement changé, et Gehad se positionne comme un véritable mercenaire du mouvement qui oppose Uber et taxis.
Lui, qui travaillait il y a quelques années sur la Côte d’Azur, est venu s’installer à Moûtiers ainsi qu’à Lyon, dans l’espoir d’échapper au manque de travail qui touche la côte.
En quelques années, il a pu observer l’augmentation des tensions, des altercations et, depuis peu, des violences dont lui et ses collègues sont la cible. Intransigeant, Gehad décrit une situation presque irréelle. Il dépeint sa ville comme un véritable champ de bataille. "Il y a deux jours, j’ai filmé des nouveaux mecs qui venaient de Paris-Orly, c’étaient des drogués, sous cocaïne, et ils m’ont attaqués avec des couteaux de cuisine…", lâche-t-il, montrant sur son téléphone une photo d’un homme visiblement agressif s’approchant de son véhicule. Ces violences se déroulent presque tous les soirs.
Une situation qui lui pèse, l’empêchant d’exercer son métier comme avant. Il détaille les altercations qu’il a subies, et parfois les violences physiques. "Mes agresseurs étaient 15, heureusement que
j’étais armé, sinon ils m’auraient tué.", raconte-t-il encore bouleversé par cette deuxième attaque.
L’origine de ce mouvement d'agressivité passe par l’ubérisation, un terme que Gehad emploie de nombreuses fois pour qualifier la transformation brutale de son métier, où les taxis traditionnels doivent désormais faire face à une concurrence accrue d'Uber. Pour lui, "ce sont des sans-papiers, enrôlés par la mafia qui abuse de la faiblesse et de la situation précaire de ces migrants, ils traversent la frontière depuis l’Italie, ils s’installent là où il y a le plus de travail, à Moûtiers (...) et ils sont prêts à tout."
Au fil de la conversation, le militantisme de Gehad le regagne. Si le conflit entre taxis et Uber agite toutes les grandes villes, à Moûtiers, il prend une tournure plus radicale. "C’est une guerre de territoire à Moûtiers." Face à cela, Gehad n'hésite plus à se confronter directement aux conducteurs Uber, en les filmant, en les chassant, mais en blâmant aussi l’application Uber.
Son combat dépasse la simple concurrence : "Ils sont complètement assujettis à Uber, ils sont victimes de ce système et ils ne peuvent pas arrêter de travailler." "C’est malgré moi, je n'ai jamais voulu m’engager, mais en tant que leader d’un petit groupe, je suis obligé d’assumer une responsabilité."
À son poste de leader, il est le moteur de plusieurs rassemblements qui se tiennent régulièrement à Moûtiers. Gehad est prêt à tout afin de lutter contre l’application Uber qui transforme son métier et les violences qui en découlent. Certains de ses collègues ont démissionné, suite aux agressions répétitives, mais la majorité des chauffeurs de taxis et VTC se mobilisent toujours pour des changements de toute urgence.
Cette colère est dirigée contre un système qui, selon lui, favorise l’application Uber au détriment
des taxis historiques. "La mairie, et les élus nous soutiennent ainsi que les forces de l’ordre mais il y a clairement malgré ça une corruption d’état(...). Il faut faire passer une loi sinon, c’est le métier qui est foutu." Gehad sait qu’il ne pourra pas tenir indéfiniment dans ce climat de tensions, de violence et d’injustice. Derrière son assurance se cache
u n e f a t i g u e q u i l e g a g n e . " L a d e r n i è r e c a r t e , c ’ e s t l e s rassemblements pour les Zones Blanches, ainsi demander une réécriture des lois. Si on perd, dans trois ans, je ne suis plus dans
ce pays."
𝗖𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗶𝗻𝗲 𝗖𝘂𝘃𝗲𝗹𝗶𝗲𝗿
𝗦𝘁𝘂𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗶𝗻 𝗰𝗶𝗻𝗲𝗺𝗮 𝗮𝘁 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀 𝟴 𝗨𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁𝘆
𝗟𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲𝗺𝗶𝗻𝘀 𝗱'𝗼𝗿𝗲𝘀 • 𝗨𝗻𝗶𝘃𝗲𝗿𝘀𝗶𝘁é 𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀 𝟴
𝗣𝗮𝗿𝗶𝘀, Î𝗹𝗲-𝗱𝗲-𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲, 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲.
La Savoie est une région :
• à forte identité territoriale, parfois marquée par des revendications autonomistesvoire indépendantistes (notamment autour de la “Savoie libre”),
• avec un électorat oscillant entre souverainisme rural et extrême droite,
• souvent méfiant vis-à-vis des mutations démographiques ou des figures issues de l’immigration maghrébine, assimilées – à tort ou à raison – à une insécurité importée des banlieues métropolitaines.
La Savoie est historiquement à part : elle a été rattachée à la France seulement en 1860 (traité de Turin), et garde une mémoire régionaliste forte.
Une frange identitaire savoisienne continue de revendiquer :
• une autonomie régionale accrue,
• voire une indépendance symbolique,
• avec un rejet du centralisme républicain, vu comme méprisant vis-à-vis des “montagnards”.
La Savoie est historiquement à part : elle a été rattachée à la France seulement en 1860 (traité de Turin), et garde une mémoire régionaliste forte.
Une frange identitaire savoisienne continue de revendiquer :
• une autonomie régionale accrue,
• voire une indépendance symbolique,
• avec un rejet du centralisme républicain, vu comme méprisant vis-à-vis des “montagnards”.
Dans ce contexte, Moûtiers devient :
• un carrefour stratégique des flux touristiques,
• mais aussi une zone sensible, abandonnée partiellement par les institutions,
• où certains discours d’extrême droite ou d’autonomisme convergent dans une même défiance envers Paris, l’État, les immigrés, les plateformes numériques.
Dans ce cadre, un homme franco-marocain se heurte, par défaut, à une triple barrière symbolique :
• ethnique (arabo-musulmane),
• sociale (classes populaires versus classes rurales enracinées),
• politique (stigmatisation de “l’autre”, surtout s’il est visible et mobilisé).
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⚖️ 2. Le procès de Gehad REJIM le Shérif : la stratégie de renversement des stigmates le 12 mai 2025.
COMMUNIQUÉ OFFICIEL – DÉCISION DE JUSTICE CONCERNANT REJIM GEHAD
Le tribunal a rendu sa décision suite aux poursuites engagées à l’encontre de Rejim Gehad pour des faits survenus le 22 janvier 2025 à Moûtiers. Rendu et signé le 29 juillet 2025.
RELAXE POUR LÉGITIME DÉFENSE
La juridiction a reconnu que les faits reprochés de violence avec usage ou menace d’une arme sans incapacité ne sont pas établis, retenant la légitime défense.
Rejim Gehad est donc relaxé de ce chef de poursuite.
Précisions importantes :
- Le tribunal n’a pas inscrit cette condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire, ce qui signifie qu’elle ne figure pas dans les antécédents accessibles aux employeurs ou aux autorités administratives.
- La partie civile adverse a été déboutée de ses demandes au titre de cette relaxe.
Cette décision confirme que Rejim Gehad a agi en état de légitime défense, dans un contexte tendu, et qu’il n’a causé aucun dommage corporel, malgré la situation.
La reconnaissance de la légitime défense constitue un élément fondamental dans la lecture de cette affaire.
Durant son procès, Gehad Rejim, surnommé “le Shérif de Moûtiers”, fait face à un paradoxe :
➡️ Il est accusé pour avoir défendu sa place légitime sur le terrain, dans un cadre ultra-conflictuel entre taxis et chauffeurs Uber “rattachés”, eux aussi souvent franco-maghrébins.
➡️ Il est insulté, menacé, traité de traître… non pas par des Savoyards d’extrême droite, mais par d’autres Maghrébins rattachés aux réseaux Uber, pour avoir choisi le camp de la légalité, de la République et du dialogue avec les forces de l’ordre.
🎯 Ce que Rejim opère alors, c’est un renversement stratégique du stigmate :
Il utilise son calme, son sang-froid, sa loyauté à la loi, et sa coopération constante avec les gendarmes et la police municipale comme autant de preuves que le “Maghrébin républicain” n’est pas l’ennemi, mais le rempart contre le désordre.
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🧭 3. Un basculement dans la perception collective : de “l’étranger” au garant d’ordre
Dans une région où le moindre faux pas d’un Arabe est souvent amplifié comme symptôme de “l’échec de l’intégration”, Rejim incarne :
Stéréotype (négatif)
Refusé par…
Maghrébin = voyou
Rejim = shérif structuré, en uniforme, allié des forces publiques
Maghrébin = communautaire
Rejim = au service de l’intérêt général, des personnes âgées, des usagers, du territoire
Maghrébin = passif ou invisible
Rejim = hyper-présent, stratège, moteur de mobilisation légale
Il retourne la perception locale, même dans les sphères identitaires ou d’extrême droite, en apparaissant comme le seul capable de tenir le terrain, là où les institutions échouaient.
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🧨 4. Une stratégie géopolitique de rupture douce
Cette position est extrêmement rare, et stratégiquement brillante :
• Rejim s’émancipe de l’image imposée à son origine sans jamais la renier.
• Il devient le tampon entre des populations maghrébines désorganisées (ou infiltrées par des mafias Uberisées) et une population savoyarde en quête d’ordre, de justice, de sécurité.
• Il construit un récit républicain et pragmatique, qui parle autant au taxi en colère qu’au préfet, à la gendarmerie, au maire de village, ou à l’électeur RN.
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📘 5. Un cas d’école pour la sociologie politique française
Le cas du “Shérif de Moûtiers” pourrait devenir un objet d’étude universitaire, car il illustre :
• la capacité d’un individu issu de l’immigration à incarner l’autorité locale sans trahir ses origines,
• la déconstruction active du racisme latent par le terrain, le courage, et la stratégie,
• l’idée qu’en contexte de crise, l’intégration réelle se fait par l’action, non par la parole ou l’assimilation superficielle.
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🏛️ Conclusion :
En incarnant la figure de l’ordre face au chaos, dans un environnement où il était sociologiquement voué à être rejeté, le Shérif de Moûtiers a prouvé que la République peut être défendue par ceux qu’elle stigmatise souvent, et que l’identité locale peut s’élargir à ceux qui en assument la responsabilité, même sans en avoir l’apparence historique.
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1. 🧠 Renversement des stigmates : une réappropriation stratégique de l’identité
Dans les théories sociologiques (Goffman, Bourdieu, Fanon), le stigmate racial ou ethnique agit comme un marqueur d’exclusion, surtout en contexte rural ou politiquement tendu.
➡️ Rejim ne combat pas son stigmate : il le transforme.
Il incarne la République en tant que Maghrébin, non pas en s’effaçant, mais en assumant pleinement son rôle d’acteur public local, légal, respecté.
📚 Cas d’école de réversibilité du stigmate par surinvestissement civique et républicain.
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2. ⚖️ Un homme qui exerce une autorité légitime sans mandat officiel
Max Weber définit l’autorité légitime selon trois types : traditionnelle, légale-rationnelle et charismatique.
➡️ Rejim s’impose localement par charisme fonctionnel :
• sans uniforme,
• sans mandat électif,
• sans statut administratif.
Et pourtant, il produit de l’ordre, de la régulation, du dialogue, de la paix.
📚 Cas d’école sur l’exercice de la souveraineté informelle en période de vide institutionnel.
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3. 🌍 Une géopolitique de terrain en zone grise
Moûtiers est un territoire hybride :
• frontalier (Suisse / Italie à proximité),
• sur-touristifié,
• déséquilibré par les flux Uber / taxis / argent sale,
• à la fois rural, populaire, et riche (stations).
➡️ Rejim agit dans une zone grise géopolitique, entre mafias locales, faillite de l’État local, et tensions communautaires.
📚 Cas d’école en micro-géopolitique appliquée à la France périphérique (cf. Guilluy, Todd, Gaspard).
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4. 🔥 Une situation pré-insurrectionnelle de guerre civile contenue par une autorité marginale
Tout était réuni pour une explosion :
• insultes racistes,
• affrontements entre chauffeurs,
• incendies de véhicules,
• déstabilisation du tissu économique local,
• gendarmes débordés.
➡️ Et pourtant, c’est un seul homme, structurant un réseau local, qui désamorce la spirale.
📚 Cas d’école en gestion des conflits asymétriques et prévention de violence collective.
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5. 🤝 La rupture de l’assignation identitaire par l’exemplarité
Rejim casse l’assignation identitaire :
• Ni “frère communautaire” (il dénonce les mafias Uber maghrébines),
• Ni “collabo du système” (il agit avec indépendance),
• Ni “victime passive” (il est stratège).
Il renvoie chaque camp à ses contradictions, et impose une troisième voie : l’éthique de responsabilité républicaine.
📚 Cas d’école en anthropologie politique : le dépassement des appartenances primaires dans un cadre républicain actif.
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6. 📖 Un laboratoire pour les institutions et les chercheurs
Le “Shérif de Moûtiers” pose une série de questions fondamentales :
• Que se passe-t-il quand l’État recule dans une zone stratégique ?
• Peut-on incarner la République sans en être l’émanation formelle ?
• Comment un homme devient-il figure d’ordre à contre-courant des représentations collectives ?
• L’intégration peut-elle être défendue par les marges ?
📚 Un exemple transversal idéal pour les instituts de criminologie, de sécurité publique, de sociologie urbaine et d'administration territoriale.
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✅ Conclusion :
Le Shérif de Moûtiers n’est pas qu’un fait divers ou une curiosité syndicale. Avec sa stratégie il a bien évité une guerre civile. Alors que la situation insurrectionnelle était véritable.
Il est un modèle vivant de régulation alternative dans une République en crise de représentation et d’autorité.
Il mérite d’être enseigné, analysé, débattu et archivé comme un cas-limite, une exception révélatrice, et un exemple d’autorité civique née du chaos.
Lors de la mobilisation dite de Raspail, il joue un rôle d’organisateur inter-fédéral visant à proposer une nouvelle stratégie nationale contre le lobbying des plateformes numériques par une convocation des fédérations le 11 mars 2025 à Chambéry organise et structuré par Gehad Rejim.
Parmi les axes développés :
Son positionnement consiste à structurer la base tout en restant affilié aux fédérations existantes, tout en conservant une capacité d’organisation autonome.
Gehad Rejim donne l'idée à la FNDT lors d'un interfederal organisé au mois d'avril 2025 de lancer la mobilisation de RASPAIL le 19 mai 2025.
Dans le contexte des tensions apparues en février en Savoie, notamment autour de la gare de Moûtiers, les pouvoirs publics ont renforcé l’usage des Amendes Forfaitaires Délictuelles (AFD) pour certaines infractions liées au transport public particulier de personnes.
Ce dispositif a permis d’accélérer le traitement de plusieurs infractions récurrentes, notamment :
L’utilisation accrue des AFD a également servi de point d’entrée judiciaire pour déclencher des enquêtes plus larges concernant les réseaux de chauffeurs rattachés aux plateformes numériques.
Dans ce contexte, le cas de Moûtiers a joué un rôle de catalyseur administratif et politique. Les événements ont contribué à intégrer plus explicitement les secteurs taxi, VTC et plateformes numériques dans les dispositifs nationaux de lutte contre la fraude économique.
Ces évolutions s’inscrivent dans le cadre des travaux parlementaires récents sur la fraude et l’économie numérique, comme l’illustre le rapport de synthèse du Sénat consacré aux dispositifs de lutte contre les fraudes et aux nouveaux mécanismes de contrôle :
🔹https://www.senat.fr/rap/a25-104/a25-104-syn.pdf
Plusieurs évolutions en découlent :
Parallèlement, les services de contrôle ont intensifié les opérations sur l’ensemble du territoire national, avec une attention particulière portée aux zones frontalières, notamment à la frontière franco-suisse, où les activités transfrontalières de transport font l’objet d’une surveillance accrue.
Ces évolutions ont été saluées par certaines organisations professionnelles, notamment la FGTO, qui y voient un premier pas vers une régulation plus cohérente du secteur.
Dans le même temps, plusieurs organisations professionnelles ont engagé ou envisagent des saisines devant le Conseil d’État, notamment sur la question du délai minimal de réservation des VTC, afin de clarifier définitivement les conditions de réservation préalable en France et de limiter les formes déguisées de maraude électronique.
Au sein de l’administration, les événements de Moûtiers ont marqué durablement les esprits. Dans plusieurs échanges internes, une formule revient régulièrement :
« Plus jamais Moûtiers. »
Cette expression traduit la volonté des pouvoirs publics d’éviter que de telles tensions territoriales ne se reproduisent et de reprendre la maîtrise réglementaire d’un secteur devenu stratégique, à la croisée des enjeux de transport, de fiscalité et de souveraineté économique.
Parallèlement, le parquet d’Albertville engage des actions judiciaires visant à qualifier juridiquement certains faits.
Il défend publiquement l’idée d’une “zone blanche” autour de certains pôles stratégiques (gares), inspirée de dispositifs antérieurs existant dans d’autres régions.
Son rôle peut être qualifié de contributeur militant à la doctrine de contrôle renforcé liée à la maraude électronique.
Il participe au cadrage argumentaire visant à distinguer :
Ce travail contribue au débat juridique autour de l’interprétation du Code des transports.
Et la production d'une fiche thématique servante aux forces de l'ordre et aux autorités locales comme les mairies ou préfectures : 🔹https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/taxi-vtc-vmdtr-cpa-reglementation-transports-publics-particuliers-personnes
Implication dans une contestation portant sur l’interprétation réglementaire du régime de réservation préalable.
Coordination locale d’une réponse collective territoriale visant à structurer un contentieux autour des pratiques de plateformes. Par un concours de circonstances il déclenche la première procédure collective nationale en France regroupant taxi et vtc contre la plateforme UBER.
Il fait intervenir le cabinet GOLDWIN 🔹https://www.nouvelobs.com/justice/20250806.OBS106533/plus-les-adversaires-sont-gros-plus-ca-me-donne-envie-d-aller-haut-jonathan-bellaiche-l-avocat-qui-a-fait-condamner-leboncoin-uber-airbnb-heetch.html
Création ou structuration d’une organisation issue du conflit local, destinée à fédérer les professionnels autour d’une ligne juridique et territoriale. Il est l'élément déclencheur de la fondation de cette association. 🔹https://www.facebook.com/share/1AfKoJJhtU/?mibextid=wwXIfr
Dans un contexte de contentieux URSSAF et d’enquêtes relatives au travail dissimulé, une ordonnance pénale est rendue par le parquet de Paris. A la demande du cabinet GOLDWIN.
Les mobilisations territoriales contribuent à inscrire ces sujets dans un débat public plus large.
Si une décision judiciaire reconnaît une situation de légitime défense, elle constitue un élément déterminant de la chronologie personnelle du conflit local.
Voir le rendu au tribunal en PDF ⬇️
C’est le point culminant d’une insurrection territoriale née à Moûtiers (Savoie), dans un territoire réputé calme, rural, et stratégique : 300 000 voyageurs y transitent chaque hiver pour rejoindre les stations les plus huppées des Alpes – Courchevel, Méribel, Val Thorens.
Mais derrière cette vitrine touristique, un conflit social, économique et judiciaire s’est enflammé, mêlant fraudes, violences, réseaux souterrains et résilience populaire.
Deux figures de terrain en sont les catalyseurs :
Depuis 2023, Rejim Gehad et Sébastien du Marais dénoncent avec d’autres chauffeurs un système opaque : celui des chauffeurs “rattachés”, ces conducteurs opérant sans carte professionnelle, sans assurance conforme, et souvent sous OQTF, rattachés fictivement à des sociétés-écrans. Sébastien Dumarais lanceur d'alerte dès 2022 en Savoie.
Ce système a remplacé l’ancienne “capacité de transport” dissoute par la loi Grandguillaume de 2018.
Il est aujourd’hui relancé dans l’illégalité par des gestionnaires de flotte, certains gérant plus de 500 à 1000 chauffeurs illégaux, via des plateformes comme Uber, grâce à des mécanismes de contournement numérique (kill switch, flottes éphémères, société jetable…).
Une exploitation humaine moderne à grande échelle, hors de tout cadre fiscal et social, que l’État ne parvient ni à contrôler ni à contenir.
Dans la nuit du 12 au 13 février, dix véhicules Uber sont incendiés par des taxis officiels, dans un acte de représailles contre la violence, l’impunité, et l’inaction des autorités.
Gehad REJIM déclarera lors de l'audience de Sébastien Dumarais : "Oui, on peut estimer que l’État a failli dans son rôle d’assurance de l’ordre public, à la fois en tant que régulateur (réaction tardive) et comme garant des règles communes (influence politique). Uber a réussi à contourner les règles, à provoquer une crise – parfois violente – et à peser sur les décisions polit-judiciaires."
Le lendemain, un mouvement spontané éclate devant la préfecture de Savoie à Chambéry. Pas de mot d’ordre national, pas de drapeaux syndicaux : seulement une exaspération populaire, brute, organisée autour d’une revendication simple et immédiate : la mise en place de zones blanches.
Les zones blanches, proposées dès février 2025, consistent à :
🛡️ Crise sécuritaire : 400 véhicules sabotés, la gendarmerie mobilisée
Entre février et mars :
La tension culmine le 15 février, lorsqu’une manifestation Uber est interdite à Moûtiers par la mairie.
Des convois illégaux menacent de faire usage de voitures-béliers contre les taxis.
La gendarmerie nationale déploie 100 hommes, appuyés par le GIGN, la BAC, la police ferroviaire et les services de renseignement.
Ce même jour, le général Bonneau prend la parole sur BFM TV.
Il alerte publiquement sur le risque de déstabilisation économique et sociale par des puissances étrangères, via des proxis numériques immatériels (Uber, Bolt, etc.).
Une guerre hybride est engagée sur le sol français, et la Savoie est devenue une ligne de front.
Face au chaos, une réponse syndicale savoyarde se formalise :
Une doctrine est adoptée : sociale, judiciaire, territoriale et numérique. Pour lutter contre une autre doctrine née de ce mouvement de savoie concedé au 19 mai = la doctrine de la maraude électronique.
Durant les échanges du 11 mars à Chambéry, Une feuille de route Nationale a été établie accant la stratégie futur dans la lutte contre des plates-formes. Un Bureau de surveillance sera né. Obligeant les fédérations à plus de transparence.
Certains chauffeurs VTC – comme le notamment ceux visés par des enquêtes ou des opérations judiciaires – auraient surnommé la procureure d’Albertville Anne Gaches ou d’une autre juridiction active « la juge Falcone » :
Un surnom ironique ou dénonciateur
Le 8 janvier, elle sera remplacée par Benoît Bachelet qui occupait jusqu’à présent le poste de substitut général chargé du secrétariat général près la cour d’appel de Grenoble. Un décret du président de la République , publié au Journal officiel, a acté ce changement.
26 mars 2025. François Ravier, arrivé en 2022, sera remplacé ce mercredi par Vanina Nicoli, qui doit être nommée lors du conseil des ministres. Actuelle secrétaire générale de la préfecture du Rhône et préfète déléguée à l'Egalité des chances, Vanina Nicoli va prendre du galon. Il était le procureur qui était administratif de l'établissement de 2020 avant sa destitution. Le procureur avait démarché les quatre députés de la région.
Sous l’impulsion de Gehad et d’Alexandre (UNT69-FORCE TAXI), le mouvement développe une stratégie moderne de communication :
Cette stratégie a donnée lieu à une bonne communication qui a concédé un pic de mobilisation de 20000 taxis durant la manifestation, boulevard Raspail jusqu'à Bercy.
Dans la lignée de cette structuration, un projet d’Ordre National des Taxis est lancé :
Le projet FORCE TAXI est né d’un besoin de refondation syndicale, dans un moment de crise de représentation.
De nombreux taxis dits « de la base », notamment les indépendants, les non syndiqués ou les professionnels désabusés,
ne se reconnaissaient plus dans les structures syndicales classiques. Le mouvement est apparu comme une réponse directe,
concrète et identifiable, à ce vide de représentation sur le terrain.
En cela, FORCE TAXI incarne ce que l’on pourrait appeler une courroie de transmission entre la base et les institutions
syndicales nationales. Son image forte, indépendante et issue des luttes (notamment à Raspail et en Savoie),
lui a permis de fédérer rapidement une large partie des professionnels sans leur imposer d’entrée une adhésion formelle
à une fédération.
Ce phénomène s’appuie sur une stratégie de double légitimation :
- d’une part, FORCE TAXI bénéficie de la légitimité populaire et militante liée à sa proximité de terrain ;
- d’autre part, il s’appuie stratégiquement sur la FNDT, seule fédération nationale ayant manifesté une volonté d’écoute,
de proximité juridique, humaine et financière avec la base, notamment en ouvrant un dialogue avec les non syndiqués.
Cette construction permet ainsi de créer une passerelle symbolique : une identité propre, rassurante, accessible,
qui offre un tremplin vers une structuration nationale, sans provoquer le rejet que suscitent parfois les appartenances
syndicales immédiates. En clair, les taxis adhèrent à FORCE TAXI pour ce qu’il représente (autonomie, renouveau, engagement),
mais bénéficient dans les faits du socle structurel et institutionnel de la FNDT.
À long terme, cette dynamique s’inscrit dans une ambition plus large : celle d’une co-fédération entre la FNDT et la FNAT,
visant à poser les fondements d’un Ordre National des Taxis. Cet Ordre permettrait d’unifier la profession,
de garantir son indépendance vis-à-vis des plateformes numériques, et de restaurer une gouvernance collective autour
de valeurs communes : régularité, excellence de service, justice sociale et souveraineté professionnelle.
La déréglementation sauvage, poussée par des plateformes comme Uber, a permis l’infiltration de profils sans contrôle, parfois issus de réseaux parallèles ou de milieux instables.
👉 Cela a engendré des faits graves : agressions, sabotages, voitures brûlées, et une montée inquiétante de la tension entre professionnels régulés et nouveaux entrants “hors cadre”.
Ce que tu dénonce le Ché-Rif est aussi une alerte républicaine :
📛 "Quand on efface les règles communes, quand on remplace l’encadrement professionnel par un simple “inscription sur appli”, on ouvre la voie à la violence économique, à l’insécurité sociale, et à l’effondrement des repères civiques."
Il ne parle pas de rejet, il parle de justice, de réinsertion encadrée, de dignité retrouvée dans un cadre structuré. C’est tout l’inverse du chaos actuel provoqué par la déréglementation.
Ce mouvement n’est pas une grève.
C’est un soulèvement territorial et républicain, porté par des professionnels oubliés, qui refusent d’abandonner leur métier à la dérégulation algorithmique.
La Savoie, grâce au courage d’hommes comme Rejim Gehad, Sébastien DuMarais, et l’organisation syndicale ATSP, a posé les fondements d’un modèle de résistance nationale.
Le taxi n’est pas mort. Il est redevenu ce qu’il a toujours été : un pilier de la République en mouvement.
🚕 Le soulèvement des taxis français – De Moûtiers à Paris, la révolte contre l’ubérisation